La position du droit face à l’économie informelle

Le droit reste le principal tranchant qui balise l’amélioration des vies ainsi que des moyens de subsistance. Pourtant, les cadres juridiques sont majoritairement élaborés pour l’économie formelle. Dans ce sens, il n’existe aucune loi qui vise à la protection et au soutien des travailleurs du secteur informel. Au contraire, la législation présente des munitions sévères à tous les acteurs qui œuvrent dans ce domaine.

Inexistence des lois sur l’économie informelle ?

Dans bon nombre de pays, le cadre juridique se concentre exclusivement sur les relations formelles. Pour les travailleurs, cela signifie qu’une législation du travail et de l’emploi doit être fondée sur une relation employeur-employé. Les politiques pour le secteur informel se condensent à des formes d’aide aux petites entreprises ou alors sur des projets de réduction de la pauvreté (surtout pour les femmes). Pourtant, les travailleurs de l’informel souhaitent tous être reconnus comme des travailleurs qui fournissent une contribution consistante à l’économie de leurs pays voire du monde. Et cette doléance touche tout le monde dans ce secteur qu’ils soient indépendants, à domicile ou sous-traités qui collaborent aux chaînes de valeurs mondiales, ou travailleurs irréguliers dont les droits ont été réduits à cause de l’externalisation et la sous-traitance de leurs entreprises. Ainsi, la formalisation de l’économie informelle annonce l’extension de la reconnaissance, de la visibilité, des occasions économiques, de la protection sociale et de la vigilance essentielle pour les travailleurs de l’informel. Cela passe par le développement de leur capacité et de leur force organisationnelle pour qu’ils revendiquent leurs droits en tant que travailleurs et citoyens, et par l’élaboration de nouveaux cadres conceptuels qui permettent leur reconnaissance légale. Ce qui induit un changement des mentalités des spécialistes et des professionnels du droit, des maîtres politiques, des différents syndicats ainsi que d’autres organisations au sein de la société civile, pour reconnaître les travailleurs de l’informel comme étant de vrais agents économiques.

WIEGO et l’économie informelle

WIEGO ou Women in Informal Employment : Globalizing & Organizing reste un réseau mondial qui se focalise sur la réforme de conditions et du cadre réglementaire des travailleurs et travailleuses informelles afin de protéger leurs droits et favoriser ainsi un climat de stabilité et de sécurité. Dans ce sens, WIEGO s’est fixé comme objectif de lancer ces défis et le programme touche essentiellement quatre groupes de travailleurs informels : les personnes qui travaillent comme domestiques, les personnes qui travaillent à domicile, les vendeurs de rues ainsi que les récupérateurs de matériaux dans les rues et les ordures. Dès le lancement du programme en 2006 en Inde, en Colombie, les réformes légales entretenues par WIEGO touchent le Ghana, le Pérou, la Thaïlande et même l’Afrique du Sud depuis 2014.